Ou peut-être qui a lancé la campagne du Oui au référendum à venir ? Voici bien une question qui ne finit pas d’entretenir les débats dans l’opinion. On voit bien qui sont ces acteurs qui portent le message ou mieux encore, la consigne du Oui auprès des populations. Mais au nom de quelle procédure ?
Pour rappel, au lendemain des assises du Dialogue national Inclusif (DNI), il a été mis en place des Comités constitutionnel national, de surveillance de mise en oeuvre des conclusions du Dialogue National Inclusif et du comité de suivi et d’évaluation de la mise en oeuvre des conclusions du dudit dialogue. Alors qu’on a encore du mal à comprendre et voir le travail de ce comité sur le terrain, que déjà une campagne en faveur du Oui est lancée.
Des questions à ce moment surviennent à chaque fois. On vote Oui pourquoi ? Où est le texte qui devrait faire l’unanimité ? Que prévoit- il de nouveau pour ceux-là qu’on appelait il y a quelque temps encore, « le bétail électoral »?
Lors de sa prestation de serment en tant que Président de la Transition, le 4 septembre 2023 à Libreville, le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema avait signifié dans son discours d’investiture que: «Nous avons choisi d’être du côté du peuple et de la liberté. La Constitution est le texte fondateur d’un Etat. Il est important que tous les Gabonais s’accordent à adopter une nouvelle Constitution par référendum, un Code électoral et un Code pénal fiables».
Dans cette perspective, pourquoi cette agitation autour du Oui alors qu’on ignore tout sur ce qui a été retenu des recommandations du DNI ? N’est-ce pas là, mettre la charrue avant les bœufs ?
On a bien compris que la campagne pour le Oui vise à soutenir les actions du Comité pour la Restauration des Institutions (CTRI), qui alors pour porter dans le contexte actuel, une campagne pour le Non? Ces Gabonais libres dans un « pays libéré » qui oseront le faire seront -ils perçus comme des traites de la République ? Contre le développement tout azimut du Gabon?
En réalité, une campagne pour le Oui ou le Non devrait se faire en connaissance de cause. Chacun sur le terrain devrait expliquer aux populations pourquoi voter l’un ou l’autre en toute objectivité sans moyens d’intimidation ou de chantage.
Le Gabon nouveau, c’est aussi une nouvelle façon d’approcher l’opinion publique. Si on peut admettre que le Dialogue national Inclusif a tenu toutes ses promesses, bah, vivement que le référendum soit tout aussi Inclusif pour matérialiser davantage les aspirations des Gabonais d’après le 30 août 2023.
