Le secteur du tourisme gabonais est en ébullition après une polémique liée à une initiative du ministre du Tourisme, Ogowe Sifon. Ce dernier est soupçonné d’avoir utilisé les moyens de l’État pour renforcer les activités de son entreprise personnelle, Cap-Caravane, qu’il possédait avant sa nomination.
Tout est parti de la mise en service récente d’une barge sur le site de Cap-Caravane, une opération largement médiatisée par les canaux officiels du ministère du Tourisme. Bien que présentée comme une avancée pour le secteur, cette initiative soulève des interrogations sur la frontière entre intérêt public et avantages privés.
Un tourisme en quête de réformes
Depuis des années, le tourisme gabonais reste un secteur sous-exploité, miné par des défis structurels : transport coûteux, infrastructures inadaptées et faible attractivité internationale. Malgré le battage médiatique orchestré autour de la « Caravane touristique », un événement onéreux soutenu par des influenceurs, aucune réforme concrète n’a vu le jour.
Cependant, depuis l’arrivée d’Ogowe Sifon au ministère, son ancien site, Cap-Caravane, semble bénéficier d’une attention particulière. De nouvelles infrastructures et un renforcement visible des capacités laissent penser que l’entreprise tire directement profit des moyens publics, au mépris des règles de transparence.
Des précédents inquiétants
Ce n’est pas la première fois qu’un ministre gabonais se retrouve au cœur d’une telle controverse. Il y a quelques mois, un ministre des Mines avait été limogé pour avoir utilisé les ressources de son département afin d’organiser l’inauguration des locaux d’une société privée qu’il dirigeait auparavant. Ce cas avait soulevé un tollé, mais semble n’avoir pas servi de leçon.
Dans le cas présent, même l’usage des outils de communication officiels pour promouvoir les activités de Cap-Caravane constitue une violation des principes de bonne gouvernance. La récente acquisition de la barge alimente encore davantage les soupçons : les conditions de son financement restent floues, renforçant les accusations d’abus de biens publics.
Respecter les règles, une urgence
Cette situation met en lumière l’urgence de définir clairement les limites entre fonctions publiques et intérêts privés. Si les accusations se confirment, elles porteraient un coup supplémentaire à la crédibilité des institutions gabonaises. Il est essentiel que des enquêtes impartiales soient menées pour établir les responsabilités et réaffirmer le principe de l’éthique dans la gestion publique.
Le développement du tourisme ne pourra se faire que dans la transparence et au bénéfice de tous. Les scandales liés à des intérêts personnels, comme celui d’Ogowe Sifon, risquent de ternir l’image d’un secteur qui a tant besoin de renouveau.
