Face à la colère et au désarroi grandissants parmi les populations affectées, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Mer, Laurence Ndong, a expliqué le 5 juin dernier que cette situation est la conséquence du » lourd héritage de notre passé commun » et a souligné que l’objectif de l’opération est d’améliorer les conditions de vie, de réduire les embouteillages, les inondations et de lutter contre le mal-logement, tout en corrigeant les erreurs urbanistiques du passé.
Le projet de construction du boulevard de la Transition, de la cité administrative et du bassin versant Sainte-Marie-Awondault, présenté par le gouvernement comme un volet majeur du vaste programme de modernisation de Libreville et du Grand Libreville, suscite une vive polémique dans la capitale gabonaise. Depuis le 2 juin 2025, des engins du Génie militaire, escortés par les forces de défense et de sécurité, procèdent à la démolition des constructions situées sur l’emprise du futur boulevard et de la cité administrative à Plaine-Orety, provoquant le déplacement de nombreuses familles désormais à la rue.
Le ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, a rappelé que ce projet, annoncé depuis 2015, est légalement encadré, que les titres fonciers appartiennent à l’État et que la plupart des habitants concernés ont été indemnisés après des campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs années. Il a toutefois reconnu que ces opérations ont suscité des réactions diverses, notamment des plaintes concernant le manque de délai pour se préparer au déménagement.
Ce chantier structurant vise à relier le Centre hospitalier universitaire Fondation Jeanne Ebori à l’Assemblée nationale, en passant par Plaine-Orety, où sera également construite une cité administrative moderne. Ce projet s’inscrit dans une vision plus large de transformation urbaine destinée à fluidifier la circulation, désengorger le deuxième arrondissement de Libreville et améliorer la qualité de vie des habitants. Il fait partie d’un programme global de modernisation des infrastructures urbaines qui comprend aussi la construction d’équipements routiers comme des giratoires et des voies rapides, confié notamment à l’entreprise Mika Services.
Malgré la légitimité du projet, la destruction des habitations et commerces a provoqué une forte émotion et une incompréhension chez les riverains et une partie de la population gabonaise, certains dénonçant une méthode brutale et inhumaine. Le gouvernement assure cependant que les administrations en charge restent attentives au respect des droits des populations affectées, tout en insistant sur la nécessité de mettre fin au laxisme pour permettre le développement du pays.
