La récente résurgence du dossier de la Plaine Orety révèle, une fois de plus, les contradictions flagrantes et inquiétantes dans le discours de Raymond Ndong Sima. Ancien Premier Ministre de la Transition, celui-ci tente aujourd’hui, à coups de publications sur les réseaux sociaux, de se dédouaner de toute implication dans ce vaste projet de construction de la cité administrative qui bouleverse la vie de centaines de familles gabonaises. Mais les faits sont têtus. Et ils le rattrapent.

Le masque tombe

Le 8 avril 2024, au Palais du bord de mer, Raymond Ndong Sima présentait fièrement au Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema la maquette de la future cité administrative. Ce geste n’est pas anodin. Il incarne un engagement clair, assumé, et irréversible dans le processus de transformation de la Plaine Orety. Plus encore, il affirmait que les populations concernées avaient déjà été indemnisées, balayant d’un revers de main les inquiétudes légitimes des habitants. Un discours bien rôdé, institutionnalisé, relayé par les médias, et prononcé en qualité de Premier Ministre de la Transition.

Et aujourd’hui ? Raymond Ndong Sima tente de nier. Sur Facebook, il se désolidarise du projet, feignant de ne pas avoir eu de rôle décisif. Une volte-face consternante, qui s’apparente à une tentative grossière de réécriture de l’histoire.

Une opération précipitée, des intentions douteuses

Selon des sources concordantes, c’est également Raymond Ndong Sima qui aurait facilité l’introduction d’un cabinet d’architecture au sein du cabinet présidentiel. Ce même cabinet aurait perçu une enveloppe conséquente pour préparer les déguerpissements et initier les travaux – des fonds publics, faut-il le rappeler. Tout porte à croire que l’ancien chef du gouvernement voulait voir les premiers coups de pioche résonner avant l’élection présidentielle d’avril. Une précipitation suspecte, un calendrier politique, et surtout, une absence criante de transparence.

Peut-on sérieusement croire à l’innocence d’un homme qui, jusqu’à récemment, plaidait pour ce projet et en défendait le bien-fondé face au Président de la Transition ? Le doute n’est plus permis.

Une manœuvre politique de plus ?

Ce revirement de Raymond Ndong Sima révèle une posture politicienne devenue trop familière aux Gabonais : s’approprier les projets quand tout va bien, les renier dès que les conséquences deviennent impopulaires. Il ne s’agit pas ici d’une simple erreur de communication, mais d’un calcul cynique pour préserver son image. Une image de technocrate intègre, aujourd’hui fissurée par une réalité beaucoup plus trouble.

La situation à Plaine Orety exige clarté, justice, et responsabilité. Pas des faux-fuyants ni des mensonges en ligne. Les Gabonais, lassés des discours doubles et des responsabilités diluées, attendent des réponses. Ils méritent la vérité, pas une énième manipulation politique.

Un discrédit durable

À vouloir jouer sur tous les tableaux, Raymond Ndong Sima se disqualifie. Il ne peut à la fois prétendre servir la Transition et renier les décisions prises en son nom. Le peuple gabonais, qui observe avec vigilance le devenir de la cité administrative de Plaine Orety, n’est pas dupe. Ce mensonge manifeste, ces contradictions publiques, ne sont pas seulement des fautes politiques : ce sont des trahisons morales.

La Plaine Orety n’est plus un simple dossier administratif. C’est aujourd’hui le symbole d’une promesse trahie. Et Raymond Ndong Sima, qu’il le veuille ou non, en porte la responsabilité.

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