À Libreville, la visite annoncée d’Emmanuel Macron les 23 et 24 novembre place Brice Oligui Nguema au cœur d’un moment diplomatique stratégique. Le président français vient saluer ce qu’il qualifie de « parachèvement de la transition » ouverte en août 2023 après la prise de pouvoir du CTRI. Cette étape, jugée décisive par Paris, confirme la volonté de normalisation progressive entre les deux capitales.
L’entretien prévu entre les deux chefs d’État doit également réaffirmer une priorité partagée : la protection des forêts du Bassin du Congo. Ce dossier, devenu central dans les relations entre Libreville et Paris, s’inscrit dans un contexte de pressions internationales croissantes sur la gestion durable des ressources naturelles. Pour le président Oligui Nguema, ce sujet représente un levier diplomatique autant qu’un enjeu de souveraineté environnementale.
La dimension économique de la visite occupera toutefois une place majeure. Le déplacement de Macron sera accompagné par une importante délégation du MEDEF, dont le rôle sera d’explorer de nouveaux projets d’investissement et de renforcer une présence française mise à mal ces dernières années. Le Gabon entend notamment bénéficier de l’appui de Paris pour la modernisation du chemin de fer transgabonais, infrastructure clé pour son redécollage économique.
Depuis 2023, Brice Oligui Nguema a multiplié les signaux d’ouverture destinés à relancer les investissements étrangers. Le forum franco-gabonais de mai 2024 avait déjà permis d’annoncer 739 milliards de FCFA de promesses d’engagements. Mais les IDE français ont continué à chuter, et l’enjeu de cette visite sera de renverser cette tendance.
Enfin, Macron inaugurera deux infrastructures symboliques : l’Académie de protection de l’environnement et le Centre culturel français rénové. Deux signaux qui, selon les autorités gabonaises, démontrent que le partenariat bilatéral entre les deux pays entend se réinventer sur des bases plus équilibrées.
