Au Gabon, un simple communiqué d’après conseil des ministres a suffi à provoquer une onde de choc jusqu’à Paris. Brice Oligui Nguema a annoncé que d’ici 2029, le manganèse ne serait plus exporté brut, mais entièrement transformé dans le pays. Une déclaration perçue comme un geste très clair contre un système FranceAfrique bien ancré.
Le manganèse était l’un des secteurs les plus symboliques de cette relation asymétrique. Depuis des décennies, Eramet dominait l’activité sans être inquiété. Mais cette fois, le président gabonais change la donne. Il l’assume : le Gabon doit profiter pleinement de ses ressources.
La réaction du groupe français est immédiate : une délégation fait le voyage à Libreville pour tenter de comprendre la nouvelle doctrine. Mais Brice Oligui Nguema reste ferme. La décision est irrévocable. Une manière d’envoyer un signal de rupture totale avec les pratiques anciennes.
Devant cette inflexibilité, Eramet annonce finalement une série d’adaptations, dont la construction d’une usine locale. Le géant français reconnaît implicitement que le Gabon dicte désormais les règles.
La confirmation politique arrive avec la visite de Macron, venue entériner ce nouveau cadre. Pour de nombreux observateurs, cet épisode symbolise le geste le plus marqué d’un président gabonais contre la FranceAfrique depuis plusieurs décennies.
