Au Congo Brazzaville , le sommet extraordinaire de la CEMAC a réuni les chefs d’État d’Afrique centrale autour d’un enjeu central : préserver la stabilité du franc CFA et le pouvoir d’achat des populations. Une rencontre décisive dans un contexte économique encore fragile, malgré des signaux de reprise.
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’est distingué par une prise de position ferme. Selon lui, la monnaie commune reste un outil stratégique de souveraineté et un bouclier social. Toute fragilisation du franc CFA se traduirait immédiatement par une hausse du coût de la vie et une perte de confiance des acteurs économiques.
Parmi les mesures concrètes validées figure le rapatriement obligatoire des recettes d’exportation, en particulier celles issues du secteur extractif. Objectif : renforcer les réserves de change et mettre fin à des pratiques qui affaiblissent durablement la capacité financière des États de la sous-région.
Les dirigeants ont également entériné un durcissement de la discipline budgétaire, avec une meilleure application des critères de convergence communautaires et des engagements pris avec le FMI. La gouvernance financière a occupé une place centrale, avec la généralisation du Compte Unique du Trésor et la digitalisation accrue des administrations fiscales et douanières.
Enfin, le sommet a consacré une priorité stratégique : la souveraineté économique et alimentaire. Les États membres s’engagent à réduire leur dépendance aux importations afin de sécuriser l’approvisionnement des populations. Un rapport d’étape détaillé est attendu avant avril 2026 pour évaluer l’application effective de ces décisions.
