Le Gabon amorce un retour remarqué sur la scène financière internationale. En quelques mois, sa prime de risque s’est effondrée de près de 40 %, avec un spread désormais fixé à 689 points de base. Une évolution qui marque un regain de crédibilité après plusieurs années de défiance.
Ce redressement est d’autant plus marquant que le pays était encore récemment en queue de peloton en Afrique centrale. Aujourd’hui, Libreville se rapproche du Congo-Brazzaville et commence à combler l’écart avec le Cameroun, mieux positionné jusqu’ici.
L’impact est direct pour les finances publiques. Une baisse du spread permet de réduire significativement le coût de la dette. À grande échelle, cela représente des dizaines de millions de dollars d’économies, mais aussi une capacité accrue à financer des projets structurants.
Cette embellie repose sur des signaux forts envoyés aux marchés : demande d’un programme avec le FMI, efforts renforcés en matière de transparence financière et reconnaissance des avancées par les partenaires internationaux. Le remboursement d’un Eurobond de 605 millions de dollars a également joué un rôle clé.
Mais le véritable enjeu se situe désormais à moyen terme. Si le Gabon parvient à passer sous les 600 points de base, il pourrait intégrer la catégorie des émetteurs jugés fiables par les grands fonds internationaux. Un basculement qui permettrait notamment de refinancer l’Eurobond 2031 à des conditions bien plus avantageuses et d’entraîner dans son sillage tout le secteur privé.
