À peine achevée sa séquence diplomatique remarquée à Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, le Président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a poursuivi son offensive diplomatique continentale en prenant part, ce 12 mai 2026 à Kampala, à la cérémonie d’investiture de son homologue ougandais Yoweri Museveni. Réélu avec 71,65 % des suffrages lors de l’élection présidentielle du 15 janvier dernier, le chef de l’État ougandais entame ainsi un septième mandat consécutif, consolidant encore davantage son emprise sur la vie politique de son pays.

Au Kololo Ceremonial Grounds, au cœur d’une cérémonie à forte charge symbolique marquée par un impressionnant défilé militaire, la présentation des attributs présidentiels et une allocution solennelle du dirigeant ougandais, Brice Oligui Nguema s’est affiché aux côtés de plusieurs chefs d’État africains. Une présence loin d’être anodine. Car au-delà du protocole, Libreville envoie un signal politique clair : celui d’un Gabon désormais résolument tourné vers une diplomatie d’influence africaine, ambitieuse et assumée.

Dans son discours, Yoweri Museveni a défendu le bilan de son pouvoir en mettant en avant les progrès enregistrés en matière de stabilité, de sécurité et de paix en Ouganda. Mais le président réélu a surtout insisté sur les défis économiques à venir, appelant à la création d’emplois massifs, au renforcement des services publics et à la consolidation des marchés nationaux. Des thématiques qui trouvent un écho particulier au Gabon, où le Président Oligui Nguema a fait de la souveraineté économique, de la transformation locale et de la relance productive les piliers centraux du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2026-2030).

La participation personnelle du chef de l’État gabonais à cette investiture s’inscrit dans la continuité directe de sa visite officielle effectuée à Entebbe entre le 1er et le 3 août 2024. Ce déplacement avait permis de jeter les bases d’un rapprochement stratégique entre Libreville et Kampala autour de secteurs clés : agriculture vivrière, défense, sécurité, santé, commerce et investissement. Le modèle ougandais de développement agricole et de souveraineté industrielle suscite visiblement un intérêt croissant au sommet de l’État gabonais, dans un contexte où le Gabon cherche à réduire sa dépendance extérieure et à renforcer ses capacités de production nationale.

À travers cette nouvelle étape diplomatique, Brice Oligui Nguema confirme une orientation géopolitique de plus en plus lisible : replacer le Gabon au cœur des dynamiques africaines et construire des alliances stratégiques au-delà de son espace traditionnel. En multipliant les passerelles entre l’Afrique centrale et la région des Grands Lacs, le président gabonais tente de dessiner une nouvelle architecture diplomatique fondée sur la coopération Sud-Sud, la sécurité régionale et le développement partagé. Une démarche qui participe à redéfinir l’image d’un Gabon plus offensif, plus visible et désormais décidé à peser dans les grands équilibres africains.

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