Le Gabon a voulu parler fort et surtout parler stratégie. À l’Africa CEO Forum, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’est imposé comme l’un des chefs d’État africains les plus offensifs sur les questions d’intégration économique et de souveraineté continentale, dans un contexte où l’Afrique cherche à redéfinir ses rapports de force économiques.

Aux côtés du président nigérian Bola Ahmed Tinubu, le dirigeant gabonais a participé au panel présidentiel consacré à l’avenir des alliances africaines. Une séquence très politique durant laquelle il a multiplié les appels à une coopération africaine davantage tournée vers la production, l’industrie et les infrastructures plutôt que vers des partenariats jugés trop dépendants de l’extérieur.

Devant plusieurs décideurs économiques africains, le président gabonais a replacé son analyse dans une perspective historique, évoquant les limites des anciennes tentatives de coopération continentale. Selon lui, la réussite de la ZLECAf dépend désormais de la capacité des États à passer d’une logique institutionnelle à une logique opérationnelle, notamment sur les questions de circulation des marchandises, des investissements et des compétences.

Le chef de l’État gabonais a particulièrement insisté sur le développement de joint-ventures africaines capables de créer de véritables chaînes de valeur régionales. Pour Libreville, l’Afrique ne peut plus se limiter à exporter des matières premières brutes tout en important massivement des produits transformés. Ce discours s’inscrit dans la stratégie économique portée depuis plusieurs mois par les autorités gabonaises autour de la transformation locale et de la montée en puissance industrielle.

En conclusion, Brice Clotaire Oligui Nguema a plaidé pour un panafricanisme « concret et assumé », centré sur les résultats économiques et la souveraineté des États africains. Une intervention qui permet au Gabon de renforcer sa visibilité diplomatique et économique au sein des grands débats stratégiques du continent.

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