Le ministère gabonais de la Justice prépare une mutation sécuritaire sans précédent des palais de justice. Au cœur de cette stratégie : Augustin Émane, déterminé à éviter qu’un incident comme celui de février dernier au tribunal de Libreville ne puisse se reproduire. Cette attaque, menée par une usagère armée de bouteilles de pétrole, avait provoqué une onde de choc jusque dans les plus hautes sphères judiciaires.
L’affaire avait immédiatement entraîné une réaction syndicale forte. Les greffiers, profondément choqués, avaient cessé le travail à l’appel du SYNAGREF. Dans les coulisses de la Chancellerie, cet épisode a été interprété comme la démonstration des failles sécuritaires qui entourent les juridictions gabonaises, pourtant fréquentées quotidiennement par des centaines de citoyens.
Depuis, les autorités multiplient les consultations afin d’élaborer un nouveau dispositif. Le secrétaire général du ministère, Jacques Lebama, pilote les échanges avec les syndicats et les services de sécurité. Le projet prévoit notamment un contrôle accru des accès, avec des fouilles systématiques, la vérification des sacs et l’installation pérenne de détecteurs de métaux dans les principaux tribunaux.
Le Palais de justice de Libreville devrait servir de laboratoire avant une extension à d’autres villes stratégiques comme Port-Gentil ou Franceville. Le filtrage des véhicules constitue l’une des innovations majeures du dispositif. L’accès automobile à l’intérieur du complexe judiciaire serait désormais limité aux personnels autorisés via un système de vignettes sécurisées.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse désormais la seule protection physique des agents judiciaires. Il s’agit aussi de restaurer l’autorité et la sérénité de l’institution judiciaire dans un contexte où les tensions sociales et administratives peuvent rapidement dégénérer. Le ministère reste discret sur le calendrier précis, mais plusieurs sources judiciaires indiquent que les premières mesures pourraient être activées très rapidement.


