Le débat sur l’avenir climatique de l’Afrique s’est déplacé à Brazzaville où Brice Clotaire Oligui Nguema a défendu une approche offensive du financement environnemental. Devant les participants aux Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le président gabonais a estimé que le Bassin du Congo devait désormais être considéré comme un actif stratégique mondial méritant des investissements massifs.
Les assises organisées du 25 au 29 mai 2026 réunissent plusieurs chefs d’État africains, des représentants gouvernementaux ainsi que les gouverneurs des pays membres de la BAD. Le thème choisi cette année, centré sur la mobilisation des ressources pour financer le développement africain dans un monde fragmenté, illustre les défis auxquels le continent est confronté face à la raréfaction des financements internationaux et à l’instabilité géopolitique mondiale.
Dans son intervention, Brice Oligui Nguema a insisté sur le fait que le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ne devait pas être perçu comme un simple mécanisme environnemental. Selon lui, il s’agit d’un instrument de transformation économique capable de financer des infrastructures durables, des projets énergétiques verts et des initiatives créatrices d’emplois dans les pays d’Afrique centrale. Le président gabonais a particulièrement salué le travail technique conduit par la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale dans la structuration des mécanismes financiers.
Le chef de l’État gabonais a rappelé que le Gabon dispose de plus de 88 % de couverture forestière, faisant du pays l’un des principaux acteurs de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Cette orientation écologique est désormais intégrée dans la stratégie économique nationale à travers le Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Libreville ambitionne ainsi de bâtir une économie moins dépendante des hydrocarbures et davantage tournée vers la valorisation durable des ressources naturelles.
En filigrane, le discours de Brice Oligui Nguema traduit aussi une volonté politique : repositionner le Gabon comme une puissance diplomatique et environnementale en Afrique centrale. À Brazzaville, le président gabonais a cherché à convaincre les bailleurs internationaux qu’investir dans le Bassin du Congo revient non seulement à protéger le climat mondial, mais aussi à soutenir la stabilité économique et sociale du continent africain.
