Entre Libreville et Banjul, la relation bilatérale change d’échelle. En visite d’État en Gambie, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’est entretenu, vendredi 31 juillet, avec son homologue Adama Barrow au State House. Après une rencontre en tête-à-tête, les deux dirigeants ont présidé une séance de travail élargie à leurs délégations, avec l’ambition affichée de donner un contenu plus structuré, plus régulier et surtout plus opérationnel aux relations entre leurs pays.
Cette séquence diplomatique a débouché sur la définition d’une nouvelle feuille de route entre Libreville et Banjul. Les discussions ont porté à la fois sur le renforcement du dialogue politique, l’élargissement de la coopération économique et la création d’outils institutionnels capables de suivre les engagements pris. Pour les deux capitales, il ne s’agit plus seulement d’entretenir des relations cordiales, mais de construire un partenariat organisé autour d’objectifs communs et de mécanismes permanents.

Quatre instruments juridiques ont ainsi été signés : un Accord général de coopération, un Accord portant création d’une Commission mixte, un Accord d’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, ainsi qu’un Mémorandum d’entente instituant des consultations politiques et diplomatiques régulières. Cet ensemble constitue l’ossature juridique d’une coopération appelée à couvrir l’économie, le commerce, l’agriculture, le tourisme, la culture, la formation et le développement des compétences.
Pour le Gabon, l’enjeu est aussi de diversifier ses partenariats économiques sur le continent. Les accords conclus doivent faciliter les contacts entre administrations, encourager les investissements, rapprocher les opérateurs privés et favoriser la conception de projets conjoints. Libreville espère notamment valoriser ses expertises nationales, renforcer les capacités de ses ressources humaines et ouvrir de nouveaux débouchés susceptibles de soutenir la croissance et l’emploi.

Brice Oligui Nguema et Adama Barrow ont enfin réaffirmé leur attachement à la paix, à la stabilité, à la souveraineté des États et à l’intégration régionale. La réussite de cette nouvelle dynamique dépendra désormais de la capacité de la Commission mixte à transformer les engagements diplomatiques en programmes concrets. À travers cette visite, le président gabonais confirme en tout cas sa volonté d’inscrire la diplomatie du Gabon dans une logique de coopération Sud-Sud et de résultats mesurables.


