Lorsque Brice Oligui Nguema a finalement atteint Makokou jeudi soir, il avait derrière lui près de dix heures de route et une succession de rencontres avec des habitants venus l’attendre au bord de son itinéraire. Le président gabonais avait quitté Ngouoni dans la matinée pour rallier la capitale de l’Ogooué-Ivindo en voiture. Un voyage particulièrement long pour un chef de l’État, qui a choisi de transformer les centaines de kilomètres séparant les deux provinces en une véritable tournée de proximité.
Sur le parcours, les arrêts se sont multipliés. À Otala, Ngoma, Makebe, Zolende, Okondja et dans plusieurs autres localités, le convoi présidentiel a ralenti ou marqué une pause. Brice Oligui Nguema est allé au-devant des habitants, parfois installés en bordure de route pour assister au passage du cortège. À chaque halte, les échanges ont permis de faire remonter les difficultés des territoires : infrastructures insuffisantes, routes, services essentiels et conditions de vie parfois compliquées loin des principaux centres urbains.

Ce long trajet permet surtout au président de voir directement ce qu’implique un déplacement terrestre dans certaines parties du pays. Là où l’avion efface en quelques dizaines de minutes les distances entre les provinces, la route impose son rythme, ses contraintes et ses imperfections. Pendant près de dix heures, Brice Oligui Nguema a ainsi parcouru le Gabon à hauteur de village, une expérience que la présidence entend transformer en symbole de proximité avec ceux qui vivent loin de Libreville.

Le caractère inhabituel de cette traversée renforce son impact. Un déplacement présidentiel aussi long par voie terrestre reste exceptionnel au Gabon et est présenté comme une première dans l’histoire politique récente du pays. Le choix de la voiture permet au chef de l’État d’afficher une conception différente du déplacement officiel : moins centré sur la destination finale, davantage utilisé comme occasion d’observer, d’écouter et de prendre la température du terrain.

Makokou constitue désormais le point d’arrivée, mais aussi le début d’un autre rendez-vous politique. Le 30 août, Brice Oligui Nguema doit participer aux célébrations de la Fête de la Libération dans l’Ogooué-Ivindo. Trois ans après les événements de 2023, cette édition revêt une forte dimension symbolique. Et le président y arrive avec une image déjà installée : celle d’un chef de l’État qui a préféré passer près de dix heures sur les routes gabonaises plutôt que de regarder défiler les provinces depuis le ciel.


