Un document peut matérialiser la propriété ; sa délivrance révèle aussi le fonctionnement de l’État. En présidant, au stade de Nzeng-Ayong, une remise symbolique de titres fonciers, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé l’administration foncière au centre de son action publique. Les 16 000 titres annoncés comme finalisés à l’échelle nationale témoignent d’une capacité à faire aboutir des dossiers longtemps attendus. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de mesurer l’ampleur des besoins restant à satisfaire.
L’enjeu concerne directement la stabilité patrimoniale des ménages. Lorsque la documentation attendue tarde à être délivrée, des familles demeurent dans l’incertitude quant à la sécurisation administrative de leur bien. La réforme entend réduire cet écart entre les démarches engagées et leur aboutissement. Mays Mouissi, ministre chargé du Logement et du Cadastre, a souligné l’effet des orientations présidentielles sur les procédures de régularisation. Aucun détail n’est cependant fourni sur les changements précis ayant permis cette accélération.

La réception, par le président, de son propre titre foncier a donné à la cérémonie une dimension personnelle. Lui-même présenté comme ayant rencontré les difficultés ordinaires de la procédure, Brice Oligui Nguema a ensuite remis des documents à plusieurs bénéficiaires. La séquence rapproche symboliquement le chef de l’État des usagers. Elle souligne également la forte personnalisation d’une réforme dont la pérennité dépendra du fonctionnement quotidien des services, au-delà de l’intervention présidentielle.
La prise en charge personnelle des frais de 100 familles démunies répond à une difficulté immédiate d’accès. Elle laisse néanmoins ouverte une question plus générale : comment permettre aux autres ménages disposant de faibles revenus d’accomplir les mêmes démarches ? Les éléments transmis ne précisent ni le coût des formalités ni l’existence d’un dispositif permanent d’accompagnement. L’aide annoncée apporte donc une réponse ciblée, sans renseigner encore sur les conditions financières d’un accès élargi à la régularisation.

L’attribution de 18 véhicules aux directions provinciales traduit, pour sa part, un effort de renforcement administratif. Deux véhicules doivent revenir à chacune des neuf provinces. Pour apprécier la transformation engagée, il faudra toutefois pouvoir rapprocher ces moyens des résultats obtenus : délais, dossiers traités et documents effectivement remis. L’enjeu, pour Brice Oligui Nguema, consiste désormais à faire de cette accélération une capacité régulière de l’État, accessible aux citoyens sans dépendre d’une cérémonie exceptionnelle.


