Il y a plus de 4 mois, jour pour jour, Jeannot Kalima, ministre de l’Energie signait un contrat avec l’entreprise Karpowership international. Objectif énoncé officiellement résoudre la crise énergétique du pays par l’acquisition du centrale flottante. 4 mois après, aux vues des circonstances, cet accord soulève actuellement des interrogations. Selon des sources proches du dossier citées «la partie gabonaise est lésée au vu du prix du kilowattheure fixé et de certaines conditions contractuelles».
C’était le 14 juin de l’année en cours que se posait la signature de Jeannot Kalima sur le contrat farfelu qui somme la SEEG de payer une somme de près de 5 milliards. «la SEEG est tenue de payer des frais d’immobilisation exorbitants de 7 millions d’euros [plus de 4,5 milliards de francs CFA] au producteur turc», une clause qui va au-delà toute logique économique à en croire certains analystes économiques interrogés sur le sujet.
Aujourd’hui, une task force mis en place dirigée par le Franco-Andorran Pierre Duro, s’efforce désormais de «dénoncer l’attribution du marché». Elle vise à démêler tout cet imbroglio pour comprendre qui sont les maîtres d’orchestre de celui-ci. Car, il est important d’en savoir plus sur les auteurs véritables. Et les doigts sont pointés sur le ministre de l’Énergie ou l’ex-directeur général de la SEEG, Joël Lehmann Sandoungout.
Néanmoins, des éléments portent à croire que ce dernier, ayant visiblement conscience du caractère sulfureux de l’accord, «avait laissé son adjoint Guy Georges Ngamamba parapher le document».
Cette affaire Karpowership pointe ainsi les failles béantes d’un système de gouvernance émaillé par un grand nombre de conflits d’intérêts. Pierre Duro, est reconnu comme «l‘homme fort du palais du Bord de mer», et jouit d’une influence démesurée auprès du président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. En dépit de vives protestations de certains hauts responsables et même des médias, les choses restent en l’état.
Ce qu’il y a d’inquiétant dans cette affaire, c’est le silence du président de la transition qui avait reçu en mai dernier à la présidence de la République, le PDG de l’entreprise turque. Ce qui suscite le doute sur les véritables motivations de ce contrat controversé. Vraiment controversé dans la mesure où le pays est plongé dans un délestage sans précédent à Libreville. Les populations sont-elles au centre des préoccupations du CTRI et de son gouvernement ?
