Décidément engagé à tout faire pour exister dans le paysage politique gabonais, le dernier Premier ministre du régime Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze, semble déjà en campagne électorale. Lors de son forum « Tout se dire », l’homme politique a joué la carte de la sincérité sans pourtant l’être, puisqu’il a su se dédouaner de beaucoup de choses en sa qualité de « simple Premier ministre ». Et simple porte-parole du gouvernement de menteurs, manipulateurs et tricheurs lors de la présidentielle d’août 2016. Certains Gabonais volontairement amnésiques croient à nouveau en lui. Mais les urnes vont trancher au moment venu.

Le week-end dernier à Libreville, il s’est évertué à donner sa part de vérité face à un public trié savamment sélectionné pour lui donner un air intéressant. Parents, amis et connaissances en avant de ce théâtre politique. On a d’ailleurs pu reconnaître certains de ses fidèles, tels que le journaliste et l’influenceur Uriel ABAGA, par ailleurs, le petit frère de son épouse.

Face à un public déjà acquis à sa cause, l’ancien député de Makokou s’est livré à son exercice phare à travers «Face aux Gabonais, tout se dire en public». Il est notamment revenu sur son passage au gouvernement, les questions de gouvernance, la présidentielle de 2016 et 2023, l’initiative du bulletin unique, les questions relatives à l’absence d’eau et d’énergie dans le pays, le chômage des jeunes, l’affaire Esther miracle, bref, il a clairement “vidé son sac”.

Dans son propos introductif, Alain Claude Bilie-By-Nze a admis : “J’ai pu mesurer à quel point, souvent des choses nous ont été reprochées et souvent nous n’avons pas entendu. J’ai donc fait le choix d’aller à la rencontre des Gabonaises et des Gabonais…”. Une affirmation qui peut poser question alors que ce dernier, assumant les fonctions de Premier ministre, s’est toujours targué d’être proche du peuple. Il se définissait d’ailleurs comme un homme de terrain au contact des réalités des Gabonais. Mais seulement, selon lui, il va désormais au contact des populations, comme quoi? Il reconnaît à demi-mots qu’il est déconnecté des réalités des gabonais.

Au-delà, Bilie-By-Nze a une unième fois de plus refusé d’assumer l’échec des gouvernements qu’il a tout à tour dirigés. Pour lui, même en étant Premier ministre, chaque ministre est entièrement responsable de ses actes. Doit-on rappeler à ce dernier qu’il défendait farouchement ses ministres devant le parlement. Aussi que pour lui, rien n’avait été fait en mal, son orchestre jouait magnifiquement les participations de gouvernance écrites par Ali Bongo. Force est de constater qu’aujourd’hui, il reconnaît qu’il y a des manquements, mais comme à son habitude, il n’en est pas responsable.

Le clou de son spectacle, comme il est désormais de coutume, était de lancer des piques au gouvernement de la Transition. D’après son analyse “d’expert” de la vie politique et de la gestion de l’État, la gestion du pays depuis 15 mois, je constate que c’est pire qu’avant. Il se présente alors comme l’alternative unique pour la rupture au régime Ali Bongo, comble de l’ironie. C’est donc une énième tentative de distraction qu’a animé de “main de maître” Alain Claude Bilie-By-Nze, dont la candidature à l’élection présidentielle semble être en bonne voie. Il faut bien croire que les mauvaises habitudes ont la peau dure.

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