Excédé par les retards, Brice Oligui Nguema hausse le ton. Le président de la transition au Gabon a convoqué ce vendredi 3 octobre les responsables des régies financières à la présidence pour un recadrage musclé. Objectif : accélérer la digitalisation complète des services chargés de la gestion des finances publiques et mettre fin aux dérives budgétaires.
Dès l’ouverture des échanges, le ton est donné :
« Comment restaurer et développer notre économie, et par la même occasion lutter contre la vie chère, si cette opération reste à la traîne ? », s’est interrogé le chef de l’État, visiblement agacé.
Un système gangrené par les surfacturations et les doublons
Selon Brice Oligui Nguema, la situation actuelle est intenable. Malgré des réformes engagées depuis le 30 août 2023, les pratiques opaques persistent.
Parmi les dysfonctionnements pointés du doigt : des factures gonflées sur les chantiers d’infrastructure, des rétrocommissions versées à des agents publics, des loyers administratifs trop élevés, et même des projets financés deux fois – à la fois par le Trésor et le Comité de transition.
Il évoque notamment des coûts de construction largement au-dessus des normes fixées, parfois bien supérieurs à 400 millions de FCFA par kilomètre.
Une série de mesures immédiates
Le président n’y va pas par quatre chemins. Il annonce une révision totale des ordonnances de paiement, des audits ciblés sur les baux et les dépenses entre 2020 et 2023, ainsi que l’interconnexion des régies financières avec la Présidence pour permettre un suivi en temps réel.
Autre mesure forte : toutes les entreprises pétrolières et minières devront ouvrir un compte bancaire domicilié au Gabon, pour assurer la traçabilité des flux financiers.
Ultimatum présidentiel : décembre 2025
Brice Oligui Nguema fixe un cap : tout doit être digitalisé d’ici décembre 2025. Un ultimatum clair, adressé à une administration qu’il juge encore trop lente et peu rigoureuse.
Une manière de mettre la pression à son propre appareil d’État, mais aussi de rassurer la population et les partenaires économiques, dans un contexte où la lutte contre la vie chère et la relance de l’économie figurent parmi les priorités.
Le message est passé : plus de place pour les approximations. L’heure est à la rigueur, à la transparence, et aux résultats.
