À quelques jours de leur comparution prévue devant la justice gabonaise, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Valentin Bongo annoncent, par la voix de leur avocat Pierre-Olivier Sur, qu’ils ne se rendront pas au Gabon pour répondre des faits de détournements massifs qui leur sont reprochés. La raison invoquée ? Un “procès spectacle”. La réalité ? Une fuite organisée devant un dossier accablant et des preuves écrasantes.

Deux convocations ignorées. Trois mille milliards envolés.

Depuis l’ouverture de l’instruction, la justice gabonaise a tendu à plusieurs reprises la main à l’ex-première dame et à son fils pour qu’ils viennent se défendre. À deux occasions, ils ont délibérément refusé de comparaître. Une posture de mépris face aux institutions, mais surtout, le symptôme évident d’une peur panique de la vérité.

Car le dossier est lourd. Très lourd. Sylvia Bongo et son fils sont poursuivis pour des détournements estimés à plus de 3 000 milliards de francs CFA. À ce jour, plus de 300 milliards ont déjà été saisis sur leurs comptes à la BGFI Bank. Il ne s’agit pas de rumeurs, mais de faits bancaires vérifiables, tracés, documentés. Face à cette montagne d’accusations, le silence et la fuite deviennent leur unique ligne de défense.

Un procès politique ? Une défense cynique

L’argument de l’avocat Pierre-Olivier Sur est connu : dénoncer un “procès politique” pour tenter de décrédibiliser la procédure. Mais ce discours s’effondre face à une réalité simple et indiscutable : c’est la même justice gabonaise, prétendument arbitraire, qui leur a accordé l’autorisation de quitter le territoire pour raisons médicales.

Peut-on réellement parler de persécution politique lorsque la justice accorde un droit de sortie ? Peut-on se dire persécuté tout en profitant de la bienveillance de l’État de droit que l’on prétend fuir ? Cette incohérence flagrante mine toute la crédibilité de leur défense.

Londres, terre d’accueil… ou sanctuaire de l’impunité ?

Depuis leur sortie autorisée du Gabon, Sylvia et Noureddin vivent à Londres. Une capitale européenne qui, à ce jour, leur sert de refuge doré alors qu’ils sont accusés de crimes économiques d’une ampleur historique.

Mais le Royaume-Uni peut-il rester silencieux face à cette situation ? L’hospitalité britannique doit-elle servir à couvrir ceux qui ont vidé les caisses d’un État africain ? Accueillir, sur son sol, des personnes soupçonnées d’avoir pillé les ressources d’un peuple, c’est indirectement cautionner l’impunité et nourrir le ressentiment entre l’Afrique et les puissances occidentales.

Londres ne peut être un paradis pour les kleptocrates. Le Royaume-Uni a le devoir moral et diplomatique de coopérer avec la justice gabonaise dans le cadre des accords de lutte contre la corruption, le blanchiment et la criminalité financière internationale.

Une justice qui fait son travail. Un État qui exige des comptes.

Contrairement à ce qu’affirment les avocats de la défense, le procès qui s’annonce n’est ni politique ni arbitraire. Il est judiciaire, basé sur des faits, des saisies, des témoignages et des flux financiers bien documentés.

Le peuple gabonais exige des comptes. Et ce ne sont ni les artifices médiatiques, ni les fuites internationales, ni les grandes envolées d’un avocat parisien qui empêcheront la vérité d’éclater.

Fuir n’est pas une stratégie. Se cacher à Londres n’est pas une défense. Rejeter la justice alors qu’on en a bénéficié est une contradiction.

Le Gabon change. La justice avance. Et les responsables, qu’ils soient anciens dignitaires ou fils de l’oligarchie, devront un jour ou l’autre faire face à leurs actes.

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