Depuis plusieurs semaines, une campagne d’une brutalité inhabituelle vise le Procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, le Dr Eddy Narcisse MINANG. Sur les réseaux sociaux, des documents budgétaires authentiques mais volontairement déformés ont été utilisés pour l’accuser d’avoir encaissé, pour son propre compte, des sommes provenant du Trésor public. La polémique, alimentée par des montages et des interprétations biaisées, a rapidement pris de l’ampleur.
Pour désamorcer ces accusations, la presse judiciaire gabonaise a mené une vaste enquête, interrogeant des sources au Trésor public, dans les hautes juridictions et parmi d’anciens responsables budgétaires. Les conclusions sont formelles : le magistrat n’a commis aucune irrégularité. Les fonds évoqués relevaient des dotations légales allouées aux cours d’appel du pays pour l’organisation des sessions criminelles nationales, un dispositif mis en place de longue date.
En 2017, quatre juridictions avaient bénéficié de ces crédits : 50 millions FCFA pour Libreville, 40 millions pour Franceville, 30 millions pour Mouila et 25 millions pour Oyem, où exerçait alors le Procureur MINANG. Ces montants servaient au transport des détenus préventifs, à la reprographie des dossiers, aux per diem du personnel judiciaire, à la rémunération des avocats commis d’office ou encore aux indemnités des assesseurs. L’année suivante, les dotations furent renouvelées : 62 millions pour Libreville, 28 pour Franceville, 26 pour Mouila, 24 pour Port-Gentil et 24 pour Oyem.
La campagne de dénigrement s’est amplifiée lorsqu’a émergé la divulgation d’un versement de 7 millions FCFA effectué en avril 2024. Mais il s’agissait d’une prime officielle attribuée aux membres du Bureau national du Dialogue national inclusif d’Angondjé. Parmi les bénéficiaires figuraient également Jean Rémi YAMA (7 millions), Colette OZOLO REBOUKA (7 millions) et Bernard Christian RÉKOULA (1,8 million), lequel mène pourtant aujourd’hui les critiques contre le magistrat.
Cette affaire illustre, selon plusieurs observateurs, une tentative de discrédit visant un magistrat réputé pour son indépendance et son parcours d’excellence. Docteur en droit, major de sa promotion, entré très tôt dans la magistrature, le Dr MINANG dérange autant qu’il impressionne. Les faits sont toutefois implacables : aucune malversation, aucune irrégularité, et un strict respect du droit budgétaire. La polémique semble davantage nourrie par la jalousie que par l’exigence de vérité.
