C’est une opération spectaculaire, mais silencieuse. Depuis le 30 mars 2026, au CHU Mère-Enfant Fondation Jeanne Ebori de Libreville, une caravane chirurgicale initiée par Zita Oligui Nguema transforme le quotidien de dizaines d’enfants atteints de malformations graves ou de séquelles de brûlures.
Dans les blocs opératoires, les équipes s’activent sans relâche. Chirurgiens gabonais et spécialistes italiens de l’ONG Emergenza Sorrisi travaillent main dans la main pour traiter des pathologies lourdes : fentes labiopalatines, rétractions cicatricielles, déformations des membres supérieurs. Des cas souvent complexes, aggravés par des interventions antérieures incomplètes ou l’absence de suivi médical.
Chaque opération est un défi. Les gestes doivent être millimétrés pour restaurer des fonctions essentielles : séparer des doigts soudés, corriger une malformation du visage, limiter les effets des cicatrices. Derrière la technicité, un objectif : redonner aux enfants une vie normale et les sortir du regard stigmatisant de la différence.
Mais au-delà de la performance médicale, c’est une réalité sociale qui apparaît. Pour de nombreuses familles, ces opérations étaient tout simplement inaccessibles. Leur gratuité constitue donc une rupture majeure, ouvrant l’accès à des soins spécialisés jusque-là réservés à une minorité.
L’initiative va plus loin. En intégrant un volet de formation, elle permet aux médecins gabonais d’acquérir de nouvelles compétences. Une stratégie qui vise à réduire la dépendance aux missions étrangères et à renforcer durablement le système de santé national.


