Le manganèse gabonais ne doit plus quitter le pays à l’état brut. À Nairobi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a transformé cette ambition en ligne politique assumée lors d’une rencontre stratégique avec Christel Bories, en marge du sommet Africa Forward Summit 2026.
Dans le huis clos diplomatique de cette bilatérale, les échanges ont porté sur trois axes majeurs : la transformation locale du manganèse, la modernisation du Transgabonais et le renforcement du partenariat entre l’État gabonais et le groupe Eramet. Une rencontre qui intervient six mois après la visite d’État d’Emmanuel Macron à Libreville, durant laquelle un mécanisme de suivi conjoint avait été instauré autour du dossier minier gabonais.
À l’issue de l’entretien, la patronne d’Eramet a livré une déclaration qui marque une étape décisive. « Il y aura de la transformation de minerai de manganèse au Gabon », a affirmé Christel Bories, précisant que le groupe et sa filiale Compagnie Minière de l’Ogooué travaillent activement sur la concrétisation du projet. Une manière d’acter le passage d’un engagement politique à une feuille de route industrielle opérationnelle.
Le projet s’inscrit dans une doctrine économique désormais défendue au sommet de l’État gabonais : capter localement davantage de valeur ajoutée. Pour Libreville, il ne s’agit plus simplement d’extraire des ressources naturelles, mais de bâtir une industrie capable d’intégrer les chaînes mondiales de transformation métallurgique. Le Complexe métallurgique de Moanda apparaît ainsi comme le socle d’une montée en puissance industrielle plus large.
Autre dossier stratégique évoqué à Nairobi : le Transgabonais. Une nouvelle phase de financement des travaux de modernisation du réseau ferroviaire a été confirmée. Considéré comme vital pour l’économie nationale, le rail devient l’infrastructure clé de la future chaîne de valeur du manganèse transformé, dans une vision où industrie, logistique et souveraineté économique sont désormais étroitement liées.


