Vingt-neuf milliards quatre cents millions de FCFA en moins en seulement cinq mois : le chiffre est suffisamment important pour retenir l’attention. Selon les informations rapportées par Direct Infos Gabon, l’encours du pays envers le Fonds monétaire international poursuit sa baisse. Pour le pouvoir de Brice Oligui Nguema, cette réduction représente un argument concret pour démontrer que le Gabon rembourse ses partenaires et tente de reprendre le contrôle de ses engagements financiers.
La tendance est particulièrement visible sur les trois derniers exercices comptables disponibles. Fin 2023, Libreville devait encore 670,28 millions de DTS au FMI. L’encours a ensuite reculé à 499,77 millions fin 2024, puis à 369,76 millions fin 2025. Cela représente une diminution de 300,52 millions de DTS en deux ans, soit près de 45 %. Le rythme confirme donc une baisse continue et non une amélioration ponctuelle limitée à quelques échéances.
Mais le Gabon pourrait prochainement emprunter de nouveau auprès de cette même institution. Les autorités négocient actuellement un programme destiné à accompagner les réformes et à soutenir les besoins de financement du pays. L’accord pourrait apporter de l’oxygène au budget et rassurer les autres investisseurs. Il devra cependant éviter un scénario dans lequel les nouvelles sommes obtenues reconstitueraient rapidement la dette que Libreville vient de réduire.
Le danger se situe également en dehors du FMI. Le Gabon continue de lever des fonds sur le marché obligataire de la CEMAC pour financer ses dépenses et ses investissements. Une dette peut ainsi diminuer dans les comptes d’une institution tout en augmentant auprès d’autres prêteurs. Pour savoir si le pays se désendette réellement, il faut donc comparer tous les remboursements réalisés avec l’ensemble des nouveaux crédits, obligations et engagements contractés pendant la même période.
Brice Oligui Nguema peut revendiquer un premier signal positif, mais les prochains indicateurs seront décisifs. Le niveau total de la dette, le poids des intérêts, l’évolution des recettes fiscales, le volume des arriérés intérieurs et la rentabilité des infrastructures financées permettront de mesurer le résultat réel. Le Gabon a clairement réduit sa facture auprès du FMI. Il doit encore prouver que cette performance annonce un assainissement durable plutôt qu’un simple transfert de dette d’un guichet vers un autre.


