La coopération entre Libreville et Pékin passe un nouveau test. Brice Clotaire Oligui Nguema est attendu en Chine du 3 au 7 novembre 2026 pour une visite d’État à l’invitation de Xi Jinping, selon le calendrier communiqué le 2 novembre par le ministère chinois des Affaires étrangères. Sa porte-parole, Mao Ning, présente ce déplacement comme la première visite d’État du président gabonais dans le pays depuis sa prise de fonctions. Pour les deux capitales, l’objectif affiché est d’approfondir leur partenariat stratégique global de coopération. Côté gabonais, les préparatifs ont surtout mis en avant les investissements et le développement des échanges économiques, industriels et culturels.
Le programme annoncé prévoit des entretiens avec Xi Jinping, ainsi qu’une cérémonie d’accueil et un banquet. Brice Oligui Nguema doit également rencontrer le Premier ministre Li Qiang et Zhao Leji, président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale. À cette séquence politique s’ajoutera une étape à Shanghai, où le dirigeant gabonais participera à la neuvième Exposition internationale d’importation de la Chine. Ces rendez-vous offrent plusieurs possibilités de faire avancer la relation bilatérale : les discussions entre responsables politiques peuvent soutenir les partenariats, tandis que l’exposition constitue un espace de contacts commerciaux. Aucun résultat économique précis ne peut toutefois être déduit du seul programme protocolaire.
Deux dossiers illustrent les attentes suscitées par ce déplacement. Lors d’une audience accordée le 14 octobre à l’ambassadeur de Chine, la présidence gabonaise avait évoqué la construction de 500 logements et l’implantation d’une cimenterie dans la zone dite des Neuf Provinces. Une période de réalisation de deux ans avait été mentionnée pour cette dernière, mais les modalités de mise en œuvre restaient à définir. Ces projets ne peuvent donc être présentés comme des accords conclus à l’occasion de la visite. Leur avancement devra être apprécié à partir d’éléments vérifiables : financement, répartition des responsabilités, calendrier de construction et conditions d’exploitation pour l’installation industrielle.
Pékin rappelle que cette relation diplomatique dure depuis 52 ans et s’étend également à la coordination sur les questions multilatérales. Un point demeure néanmoins sans explication publique : Libreville avait initialement annoncé un séjour du 3 au 8 novembre, contre une fin de visite fixée au 7 novembre par les autorités chinoises. Au-delà de cette différence, l’attention portera sur le contenu des engagements éventuellement annoncés. Pour le Gabon, l’enjeu sera de prolonger les échanges au sommet par un suivi administratif, technique et financier capable de faire progresser les projets au-delà des déclarations d’intention.


