Coup de pression présidentiel sur les régies financières gabonaises. Face à ce qu’il considère comme une dérive préoccupante de la parafiscalité, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a convoqué ce mercredi à Libreville les responsables des principales administrations chargées des recettes publiques afin d’exiger une réforme immédiate des pratiques de prélèvement.
Le chef de l’État gabonais a dénoncé un système devenu, selon lui, pénalisant pour les entreprises et peu lisible pour les citoyens. Les critiques portent notamment sur les multiples taxes appliquées par différentes administrations, parfois sans coordination, ainsi que sur les difficultés à retracer les recettes effectivement perçues par l’État. Une situation qui alimente depuis plusieurs années les plaintes des opérateurs économiques.

La réunion a rassemblé les directeurs généraux de plusieurs agences et administrations stratégiques, parmi lesquelles l’AGASA, l’AGANOR, les directions du commerce, de l’environnement, des industries, des forêts ou encore de l’hygiène publique. Le maire de Libreville et plusieurs responsables financiers étaient également présents, signe de l’ampleur de la réforme envisagée par l’exécutif.
À l’issue des échanges, Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé une série de décisions structurantes. Désormais, toutes les recettes devront être centralisées au Trésor public, présenté comme le seul collecteur habilité. Le président a également demandé la suppression des prélèvements illégaux et la rationalisation des missions administratives afin de mettre fin aux doublons et aux contrôles répétitifs.

L’exécutif gabonais entend enfin accélérer la transition numérique dans la gestion des finances publiques. Les administrations concernées devront élaborer un dispositif commun de digitalisation des paiements et des contrôles. Pour le pouvoir, cette réforme constitue une étape clé dans la modernisation de l’appareil administratif et dans la restauration de la crédibilité financière de l’État.


