L’économie gabonaise se retrouve une nouvelle fois sous le regard attentif des agences internationales. Moody’s a choisi de maintenir la note souveraine du pays à Caa2 tout en abaissant sa perspective à « négative », une décision qui traduit davantage une inquiétude sur l’avenir qu’un constat de dégradation immédiate.
L’agence américaine estime que les besoins de financement du Gabon demeurent élevés dans un contexte marqué par une dette importante et par des conditions d’emprunt internationales plus complexes. Elle souligne également les risques associés à certaines opérations de gestion de dette qui pourraient être interprétées comme des restructurations défavorables aux créanciers.
Cette appréciation contraste toutefois avec plusieurs indicateurs avancés dans le même rapport. Moody’s prévoit en effet une amélioration graduelle des finances publiques, avec une réduction continue du déficit budgétaire au cours des trois prochaines années. Une évolution qui témoigne d’un effort d’ajustement engagé par les pouvoirs publics.
Depuis la transition politique ouverte en 2023, les autorités gabonaises ont fait de la discipline budgétaire un axe majeur de leur stratégie économique. Elles affirment vouloir rompre avec certaines pratiques antérieures en conditionnant davantage les décaissements à l’état réel d’avancement des projets financés sur fonds publics.
Le gouvernement insiste également sur le fait que cet effort de rationalisation ne doit pas se traduire par une austérité sociale. Les dépenses liées aux salaires, aux bourses étudiantes et aux engagements sociaux ont été maintenues, l’exécutif privilégiant une amélioration de l’efficacité de la dépense plutôt qu’une réduction des protections accordées aux ménages.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est désormais celui de la crédibilité. Les marchés observeront dans les prochains mois la capacité du Gabon à concrétiser les réformes annoncées, à renforcer la gouvernance budgétaire et à restaurer progressivement la confiance des investisseurs internationaux.


